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Spinoza

Elles taillent les translucides mains
Du juif, dans la pénombre, les cristaux.
Le soir est peur et froid en son déclin.
(Au soir qui vient chaque soir équivaut).

Ses mains comme l'espace de jacinthe
Qui aux lisières du Ghetto pâlit
Existent peu pour l'homme qui construit,
calme, le songe clair d'un labyrinthe.

La gloire ne l'émeut pas, cet espoir
De songes au songe d'un autre miroir,
Ni le craintif amour des jeunes filles.

Métaphores et mythes, il les oublie
taillant son cristal: la carte infinie
De Qui dans toutes ses étoiles brille.
Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 16:08

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Le fantasme d'une pureté originelle expliqué par l'historienne Suzanne Citron


Caractère de ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps (identité personnelle). Synon. permanence. Vieil océan, tu es le symbole de l'identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d'une manière essentielle (LAUTRÉAM., Chants Maldoror, 1869, p. 137).
Extrait du TLF en ligne

 Action discrète
Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 13:52

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Calderon a eu grand tort :
La vie n’est pas un songe, ni un mensonge.
Pas plus que les hommes ne sont des anges.
La vie est une vigie.
Elle observe les hommes comme les singes.
La vie est un sourire – infini
A tout ce qui va mourir.
La vie n’est pas un supplice.
Ce n’est pas le voyage d’Ulysse (qui a tué),
Mais une hélice, qui fait glisser
D’un supplice à des délices :
Un hydroglisseur, qui consume les heures,
Et les malheurs.
Un planeur, aussi, dans les hauteurs.
La vie vole, et survole,
Sans besoin de moteur, ni d’aile.
La vie pense toute seule
A tout ce qui n’est pas Elle.
C’est une clandestinité sans hommes,
Un son, un AUM.
Personne, pas même un surhomme, ne la détruira.
Elle est là, elle sera là,
Même quand nous n’y serons pas :
Suffit d’y penser pour abolir le fracas.
Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 19:35

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Avec l'âge, les paroles deviennent rares. Seules les images subsistent. Les murs sont tapissés de photos, de petits cadres. Des petits cadres pour signifier cette ligne claire qui sépare passé, présent et avenir. Des cadres en attendant de franchir la ligne et comme pour conjurer le mauvais sort, garder la ligne loin devant soi, bien visible.

Le Mérite d'exister, J. CHARVEL.
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 10:43

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Calligraphie noire sur blanc le corbeau surgit de la nuit des temps. Ombre de l’homme, il vit en osmose avec lui ; présent à son chevet sur le cadastre endeuillé (aux quatre points cardinaux : carnes au Ponant, ailes au Nord, charniers au Levant, never more…), se nourrit des ossements des cadavres sanglants. Il se repaît à la fortune du pot. Oiseau, mauvais augure, à la sinistre bure des plutoniens rivages, à la mine de mage, corvéable sans merci, il s’occupe des zombis tel un bokor alangui, assis et tapi sur un monceau de charpie. « Never more, never more ! » croassent les corps morts des soldats; « many more, many more » crient les croque-morts des trépas !

Le corbeau est moins courtaud que sa cousine la corbine : on peut les confondre. Charognards du hussard, ils font fondre avec art les cadavres en paix et, par passion, dissolvent et disloquent corps et crânes. Ils font fosse commune, les deux crânes. Tous deux bien bécus, «honteux et confus», ont comme menu combats les plus crus. Affublés d’un cri coriace affûté («armée aux cris sévères») : tous les deux croassent au milieu des nuées déployées. Ils administrent l’extrême-onction aux chevaux et dragons en bons trublions qu’ils sont. Nourris un corbeau, il te crèvera l’œil que tu le veuilles ou non. Ne pas mettre dans le même plat corbeaux et choucas même si tous deux font leurs choux gras des mêmes choses ; ils font freux de tous bras. Au milieu des ossements, se disputent la partie avec de fragiles craves.

Tout corvidé qu’il est, parfois intelligent, jamais à court d’idées, il se montre brillant. Mais aussi très glouton, mû par le même travers que l’aigle de Jupiter, se montre un peu mouton.

De l’étoffe des héros, Corbiveaux, les corbeaux, corps-pivot assistent l’homme dans son éducation, son édification. Yeux de Munin, jeux d’Hugin, ils assistent les divins au banquet d’Odin.

Je dépose ma plume au bestiaire avant d’être taxidermié en corneille qui s’amuse aux dépens des muses d’hier. Ma plume s’est évanouie dans la calligraphie : sortie de la poésie.

Arnaud Dubois
 
Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 22:12

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