Pour le grand gala sis la voie lactée
Les étoiles sont en train de s’apprêter
Pour ce gala rien n’est jamais trop beau
Les planètes revêtent leur manteau
Dans leurs ateliers les étoiles filantes
Sur leur métier cent fois repassent leur trainée
Dix fois leur ouvrage, de mariée charmante
Quand se commettaient avec Halley
Les autres raccommodent leurs anneaux
Les unes leur trop pâle paletot
Car il s’agit de ne rien négliger
Y assistera l’Etoile du Berger
Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être
sont des racines, buvant les cieux ;
et dans le sol, les profondes racines d'un hêtre
leur semblent des faîtes silencieux.
Pour eux, la terre, n'est-elle point transparente
en face d'un ciel, plein comme un corps ?
Cette terre ardente, où se lamente
auprès des sources l'oubli des morts.
Rainer maria Rilke