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MOUVEMENT.NET - 13 juin 2007
Renouvelé dans sa forme, intact dans son propos Le festival Court toujours a fait peau neuve à Poitiers
Le festival Court toujours, initié par Jean Boillot et organisé par la Scène nationale de Poitiers, du 1er au 3 juin, a changé de saison et de
formule, mais réaffirme un propos pertinent : faire découvrir le spectacle court comme révélateur de problématiques et de talents contemporains
Maison des étudiants de Poitiers, 22h05. Ouverture fracassante : Angéla Laurier s'avance dans un faisceau de lumière vive à la manière d'un mannequin. Tonique, violente, comme la musique. Elle se
débarrasse de la camisole blanche, immaculée qui l'enrobe. Puis elle se livre à une gymnastique à la fois hyperactive et expressionniste, avant d'entreprendre différents types de contorsions
longues, notamment celle qui consiste à se balancer les pieds dans les mains, dans un fracas d'os qui grincent et qui craquent jusqu'à l'insoutenable. Sur un écran géant, derrière elle, défilent
son père et son frère : leurs existences et leurs folies, qu'elle a recueillies avec une infinie douceur, sans jamais les soumettre à la question. Elle y apparaît elle-même, par intermittences,
éclatante de tendresse au sein de cette famille dure mais soudée. Elle s'adresse parfois au public : la tête renversée, ou via l'objectif de la caméra rivée sur sa tête mais posée sur sa cuisse
retournée. Elle répète alors les mots du père, à travers lesquels on devine les maux qui couvent et on palpe, surtout, l'irrémédiable, l'indomptable « attachement »
familial. « L'attachement, qu'est-ce que vous voulez ! », lance-t-elle à plusieurs reprises, sans autre
commentaire. En ce sens, Exutoire est une preuve d'amour, une reconnaissance humaine autant qu'une
délivrance. Dernier jalon d'un parcours de spectacles commencé vers 16 heures, ce samedi 2 juin, c'est un numéro de cirque très intime, qui tient du récit cru d'une vie, d'une enfance douloureuse
et qui est en même temps trop pudique pour être réduit à cela.
Julie BROUDEUR mouvement.net