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Terres


Multidimensionnelles : comment mettre en évidence la variété des paysages passés/actuels ?


  • Terre prodigue et nourricière, de labeur et d’industries (approche des peuples dits primitifs versus comportements des sociétés d’industries : remise en cause des idées préconçues, des images d’Épinal, possible d’utiliser des critiques du travail du cinéaste Malik par exemple), hospitalière et inhospitalière (climat, sols, conflits humains) ;  

 

  • Territoires nationaux et revendiqués (ex-Yougoslavie, l’actuelle Russie et ses voisins, le découpage de l’Afrique, la Chine, l’Irlande du Nord et pourquoi pas les revendications basques ou corses, la Palestine) ; et propriété : accès à la propriété individuelle – examiner le lien entre identité nationale et accès à la propriété ;

 

  • Terre aménagée, exploitée, uniformisation des paysages ; reste-t-il encore un espace de choix entre telle ou telle utopie humaine sur une Terre sacrifiée ? Le Land Art ne raconte-t-il pas un inéluctable équilibre avec la Nature dans un rapport de survie avec les espèces naturelles ? 

 

JBr

 

 

Peut-on s’approprier la terre?  Sa matérialité, son immanence, ne serait-ce même son concept imaginaire? Peut-on la définir encore et encore ? Continuer à y voir une scène où se joue la représentation de l’homme ? Ses vanités. N’est-ce vraiment plus qu’un décor, ou l’image utopique et déformée de son désir ou de sa volonté ? Sa puissance et son impuissance.

Ce qui a lieu : meurtrissures, excavations, incendies, constructions outrancières, ruines, no man’s land prohibés, photographies satellitaires où les traces et les marbrures du sable des déserts sont comme les fossiles de très anciennes marées. Colorations. Lumières. Du bleu, des bleus…

Ce qui nie sa véritable identité ou … présence, c’est tout ce qui est dit sur elle. Les mots, les signes donnent un sens aux choses. Mais en les révélant ainsi, il les réduit. Une fois révélée par le mot, ce mot si féminin, la terre est devenue espace rond, sein, ventre. Une chose fragmentée, dont le sens reste partiel, univoque. Belle ou laide, c’est selon. Ou déflorée, fatiguée, braquée, exploitée, parquée, abandonnée, rejetée, violée… maquillée, caressée. Irascible. Violente. Détruite et destructrice. Monstrueuse. Embellie, défigurée.

Cessons de la momifier. Et d’en écarter son indicible singularité. La terre est un mouvement. Et du temps qui passe. La terre, telle qu’elle est, tourne au sein d’une danse millénaire. Pense-t-elle, est-elle perdue ou mue par d’énigmatiques mécanismes ?

Considérons-la comme aimable. Pas aimée ni amante. Dans un possible toujours réactivé, une potentialité qui ne se laisse pas clore, une mouvance. Le temps d’une éclosion.

Une pure présence. La terre que nous habitons n’est pas un habitacle, lieu clos d’entre les quatre murs duquel nous pouvons impunément faire ce que nous voulons. Nos voix ne doivent plus y résonner, réverbérées, télescopées. Un dialogue ou du silence pour l’écouter, non pas comme l’on écouterait  une cantatrice. La terre n’est pas une femme. Ni un objet. Ni une musique. Ni une peinture. Qu’est-elle ?, ne pose plus la question correcte ou adéquate pour la comprendre. L’être dit de la terre n’est pas la même chose que la terre, n’est pas la terre même. Laissons-la parler…

R.B

                                                                                                                                                                                                             

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